Publié le vendredi 5 février 2016 à 09h01  



Jack Coudert, la disparition d'un grand aviateur rémois


Pilote de l’armée de l’air, ancien d’Indochine et d’Algérie, figure des décorés de la Légion d’honneur au péril de leur vie, cet officier vaillant et respecté vient de vous quitter.


Il était une figure rémoise attachante, toujours en tenue de service, gardien des valeurs du monde combattant, fin connaisseur de l’histoire de la guerre d’Indochine. Le lieutenant Jack Coudert, 83 ans, est décédé samedi dernier et a été inhumé dans l’intimité, en respect de ses dernières volontés. Les transporteurs de l’armée de l’air ont perdu un frère, les anciens combattants un défenseur, l’ordre national de la Légion d’honneur l’un de ses représentants des plus dévoués, qui a su témoigner au feu et en toutes circonstances, son amour du drapeau et de la France.


Premier vice-président national des décorés de la Légion d’honneur au péril de leur vie, président de la section Champagne Ardennes des membres de la Légion d’honneur DPLV, Jack Coudert était un héros et pourtant il n’employait jamais ce mot pour lui. Seulement pour ses camarades tombés au champ d’honneur par le sang versé.  Il  fallait  l’écouter  déclamer  avec  la  puissance  du  devoir  son  requiem,  monumental  d’émotion,  aux combattants de Diên Biên Phu, devant le monument aux morts de Reims, pour comprendre l’altérité de ce gardien de la mémoire.


Cité six fois à l’ordre de l’armée aérienne pour ses largages incroyables à hauteur minimale de parachutistes au-dessus de la cuvette infernale et pour ses atterrissages et décollages sous le feu intense des mortiers viets sur la piste de Dîen Biên Phu, cet aviateur des frontières de l’impossible demeurera un bel exemple pour les jeunes qui, aujourd’hui, choisissent l’armée de l’air. Après l’Algérie et une nouvelle citation, le retour à la vie civile, le pilotage de la célèbre Caravelle, il est demeuré un acteur du transport des hommes en même temps qu’au sein du tissu associatif, un contributeur au travail d’histoire pour que le devoir de mémoire ait un sens.


Admirateur des As, il était venu parler de son expérience en Indochine aux membres de l’association Edmond Marin la Meslée mais aussi sur bien des bases de France sans oublier des établissements scolaires. Reçu dans le  premier  Ordre  national  dont  il  était  commandeur,  Jack  Coudert  auquel  avait  été  conféré  auparavant  la Médaille Militaire défendait avec cœur et foi la Légion d’honneur. Ses arguments admirables étaient une leçon de vie confiée en héritage.


Il avait accueilli en 2013, le congrès national de l’association des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie. Il était de toutes les commémorations avec cette fidélité d’esprit qui était une marque de son caractère. A sa veuve, à toute sa famille ; ses camarades aviateurs, tous ceux qui l’ont cotoyé, « L’Union », dont il était un ami, adressent leurs condoléances émues et saluent l’officier qui a si bien servi la France.


Hervé Chabaud


Opération CASTOR  

65 dakota alignés sur les terrains de Bach Maï et Gialam décollent échelonnés à 20 secondes. Destination dévoilée après décollage.

L'ordre d'opération mentionne  les modalités de décollage, de regroupement, de navigation et de parachutage sur 2 zones de saut dénommées Natacha et Simone autrement dit situées au Nord et au Sud d'un village situé aux confins montagneux du Tonkin et du Laos. 

Ce village est un ancien chef-lieu administratif appelé Diên Biên Phù  installé dans une vallée de 17 km de long sur 5 km de large.

Pendant 3 jours, à raison de 5 rotations, les dakotas parachutent 6 bataillons soit environ 4600 hommes.

Après conquête, commence l'installation d'un camp retranché qui au fil des jours comptera plus de 15000 hommes.

Cette opération marque le début de l'occupation d'un site dont la mission assignée est 

 ...la défense des frontières du Laos, état indépendant faisant partie de l'Union Française. 

Après 170 jours, la garnison cesse les combats après  une bataille qui voit  l'anéantissement de 17 bataillons.

On dénombrera pendant 4 mois  (13 mars - 15 juillet)  plus de 10.000 morts (combattants et prisonniers)

L'Opération Castor........c'était un certain 20 novembre 1953 à 9 heures du matin ...  il y a 60 ans.     

Remember for ever

        Jack Coudert, n°12 dans la formation